• Grand Central de Rebecca Zlotowski

     

    La centrale nucléaire recrute. En manque d'argent, Gary (Tahar Rahim) se fait embaucher dans l'équipe de Gilles (Olivier Gourmet), un ancien qui le prend sous son aile. Le jeune homme découvre ainsi la vie qui s'est organisée autour de la centrale. Il fait bientôt la rencontre de Karole (Léa Seydoux), la future femme de son ami et collègue Toni (Denis Menochet).

    La maladresse dans la mise en place des sentiments des personnages donne à ce deuxième long-métrage de Rebecca Zlotowski trop de légèreté pour un sujet aussi grave. Une psychologie des protagonistes, principaux comme secondaires, plus fouillée nous aurait permis de nous identifier à l'un d'eux. Cette absence d'empathie nous rend indifférent à leur sort en dehors de la centrale.

    Car la seule tension de tout le film n'existe qu'au sein de ce complexe nucléaire qui semble fasciner le héros à la manière du vide, à la fois effrayant et attirant. Telle Karole, jeune femme séductrice et indécise qui l'empoisonne autant que les radiations de la centrale. La réalisatrice n'a pourtant pas su exploiter cette tension sexuelle qui aurait pu alimenter la métaphore entre l'adultère et le danger omniprésent au sein de la centrale.


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  • Man of Steel de Zach Snyder

     

    À cause des habitants qui ont épuisé ses ressources naturelles, la planète Krypton va imploser. Le scientifique Jor-El (Russell Crowe) apprend cette triste vérité au Conseil qui nie l'évidence. Furieux, le général Zod (Michael Shannon) prend le pouvoir. Jor-El refuse de s'allier à lui et alors que Krypton se détruit, il envoie son fils nouveau-né sur une planète lointaine, la Terre. L'enfant grandit en apprenant à maîtriser ses pouvoirs extraordinaires. Kal-El/ Superman/ Clark Kent (Henry Cavill) devient alors un homme courageux et altruiste qui met ses capacités au service des humains. Mais il découvre bientôt qu'il n'est pas l'unique survivant de son espèce et que ses semblables ne partagent pas son amour de la race humaine.

    Non. Non. Et non. Superman ne nous fait pas rêver. L'a-t-il jamais fait ? Après la décevante tétralogie des années 70-80 avec Christopher Reeve dans le rôle titre et le raté Superman Returns de Bryan Singer, qui donnera enfin sa légitimité méritée à la franchise de DC Comics ? Certainement pas Zach Snyder.

    Dans les anciens films, la maladresse du héros était touchante et se comprenait facilement : comment gérer le quotidien quand on a une force phénoménale? L'interprétation, lisse et fade, de Henry Calvill efface cette subtilité et perd ainsi une facette importante du personnage. Les autres acteurs ne s'en sortent pas mieux. La présence de Michael Shannon est incompréhensible et ses fans ne manqueront pas de considérer son rôle dans Man of Steel comme un sabotage de son talent. Autre erreur de casting : Amy Adams en Loïs Lane rousse (nous regrettons l'époque de la brune piquante, Teri Hatcher, dans la série Loïs et Clark).

    Les bévues ne s'arrêtent pas là. Les plus grandes aberrations proviennent du scénario. Le héros, qui se veut sauveur de l'humanité, détruit la moitié de Métropolis dans un combat contre le général Zod. De plus, la mort de ce dernier est d'une banalité affligeante. Après une bataille interminable qui l'oppose à Superman et au cours de laquelle les deux hommes semblent invincibles, Kal-El finit par tuer son ennemi aussi facilement que s'il s'était agi d'un lapin en peluche. L'humour, si bien exploité par Marvel Comics (les Iron Man, The Avengers...), a été relégué au second plan par les scénaristes. Quand ils tentent enfin de faire un trait d'esprit, c'est avec lourdeur. Nous allons donc rapidement oublier que Christopher Nolan a contribué au scénario. Si même ce talentueux cinéaste, après ses excellents Batman, n'a pas su inspirer l'univers de Superman, nous désespérons de voir un jour cette franchise sortir de l'ombre. Mais si ce miracle devait se produire, celui qui aura réussi cet exploit sera considéré comme un héros.


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    Si la Fédération des Planètes Unies a réussi à faire disparaître les guerres, la famine et le racisme de la Terre, elle a échoué à supprimer l'esprit vengeur. John Harrison (Benedict Cumberbatch), un humain génétiquement amélioré, a décidé de la détruire en s'attaquant à son organisme de défense, Starfleet. Le capitaine Kirk (Chris Pine) est chargé d'éliminer le terroriste. Il est aidé dans sa mission par le célèbre équipage du vaisseau USS Enterprise : Spock (Zachary Quinto), Nyota Uhura (Zoé Saldaña), Bones McCoy (Karl Urban), Scotty (Simon Pegg), Ikaru Sulu (John Cho) et Pavel Chekov (Anton Yelchin).

    Après l'excellent Star Trek de 2009, J.J. Abrams continue son exploration de l'univers de Gene Roddenberry. Avec talent ! La scène d'ouverture, extraordinaire, nous replonge immédiatement dans l'ambiance propre à la saga. Nous retrouvons ainsi le subtil dosage d'humour, de politique et d'action. La mise en scène est toujours aussi limpide et les effets spéciaux sont savamment orchestrés pour nous amener « là où aucun homme, là où personne, n'est jamais allé ». L'atout du film est l'interprétation magnétique de Benedict Cumberbatch. Faisant partie intégrante de la réussite de Star Trek Into Darkness, sa prestation donne au rôle du « méchant » une profondeur qui éclipse le personnage du capitaine Kirk, l'éternelle tête brûlée.

    Les Trekkers apprécieront également les références évidentes aux précédents films de la saga. Comme la scène d'adieu entre Kirk et Spock qui est l'inverse de celle présente dans Star Trek 2 : La Colère de Khan, ou la scène dans laquelle Ikaru Sulu prend temporairement la place de Kirk qui préfigure son futur poste de capitaine de l'Excelsior dans Star Trek 6 : Terre Inconnue.

    En constatant l'énergie et le talent dont J.J. Abrams a fait preuve pour faire revivre cette franchise agonisante, les fans de Star Wars verront un bon augure dans Star Trek Into Darkness. En effet le réalisateur a annoncé au début de l'année qu'il s'occuperait de l'épisode VII. Un bel avenir cinématographique pour la science-fiction en perspective !


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  • Pop Redemption de Martin Le Gall

     

    Alex (Julien Doré), JP (Grégory Gadebois), Pascal (Jonathan Cohen) et Erik (Yacine Belhousse), quatre amis trentenaires, forment le groupe de black métal les Dead Makabés. Alex, le meneur, convainc ses amis de faire un concert au célèbre HellFeist. Mais ses trois acolytes envisagent de bientôt quitter le groupe et le voyage jusqu'au festival n'est pas de tout repos.

    Ce premier long-métrage de Martin Le Gall n'est définitivement pas une réussite. Le scénario est des plus pauvre et les personnages sont, pour la plupart, d'honteux clichés. Dès les premières minutes du film, le protagoniste interprété par Julien Doré, égoïste et inconscient, donne envie de le gifler. Mais à aucun moment cette sensation ne disparait, bien au contraire. Cette soudaine pulsion s'étend bientôt à tout le casting.

    La seule scène amusante est une private joke à Alexandre Astier, créateur et acteur de la série télévisée Kaamelott. Constat amer pour un film qui se prétend une comédie. Ce long-métrage ne touchera donc que les fans de musique, capable de relever les différents clins d'oeil qui ponctuent le film. Pour les autres, ce n'est qu'un long et mauvais moment à passer. Et on espère secrètement que le visionnage de Pop Redemption rachètera tous nos péchés.


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  • A la merveille de Terrence Malick

    Marina (Olga Kurylenko) et Neil (Ben Affleck), amoureux, visitent le Mont Saint-Michel. Plus tard, installé en Oklahoma, le couple a accueilli une petite fille prénommée Tatiana (Tatiana Chiline). Tandis que Neil enquête sur des maladies provoquées par un environnement pollué, Marina rencontre un prêtre se questionnant sur sa propre foi (Javier Bardem).

    Des lieux qui se devinent, des silhouettes qui apparaissent furtivement, une lumière vibrante et cotonneuse. L'éphémère est roi dans l'univers cinématographique de Terrence Malick. Pour preuve, ses personnages en transition qui font fi des frontières. Car il n'y a pas de limite dans ce monde, sinon celles que les protagonistes s'imposent. Ils sont à l'image de ces non-lieux fragmentés qu'ils traversent et qui ne sont jamais cités ou situés. Même la lumière brouille l'espace-temps. Rasante, elle appartient à la fois au matin et au soir. Les personnages évoluent, tels des fantômes, dans ces lieux irréels. La voix off aurait pu être un guide à travers cet univers onirique. Parfois trop bavarde, elle nous égare à son tour. Et nous, spectateurs trop heureux de vivre un rêve, nous nous laissons perdre, en suspension entre abîmes marins et cieux inaccessibles. Terrence Malick nous fait voir autrement. Nimbé de nostalgie et de mysticisme, nous redécouvrons notre monde.

    Mention spéciale à Emmanuel Lubezki. Le directeur de la photographie nous enchante à nouveau en donnant aux images la couleur et la texture de la poésie.

     


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